MOENS: "JE PENSE QU’IL AVAIT UN PRESSENTIMENT"
"Le 29 décembre 1976, quand je suis rentré chez moi, j’ai trouvé dans ma boîte aux lettres une carte postale qu’Ivo avait écrite le 22 décembre à Marseille. Elle avait été postée le 23 décembre mais, en cette période de fêtes, elle avait mis du temps à arriver. Il était écrit: "Meilleurs salutations et joyeuses fêtes. On se voit en 1977…?" Ce point d’interrogation ne lui ressemblait pas du tout. Van Damme était un optimiste. Quarante ans plus tard, je ne comprends toujours pas pourquoi il a écrit cela. J’ai l’impression qu’il a eu un pressentiment, je ne vois pas d’autres explication", dit Moens, très ému.
MEERT: "IL AVAIT UNE PERSONNALITÉ DIFFÉRENTE DES AUTRES BELGES"
"Une personnalité rare pour un belge. Il ne se laissait pas du tout impressionné, il avait une énorme confiance en ses possibilités. D’aucuns le trouvaient arrogant mais ce n’était pas le cas. Il se fixait des objectifs: "Je veux aller en finale aux Jeux Olympiques, je n’y vais pas en touriste et en finale, tout est possible", disait-il. Certaines personnes n’appréciaient pas parce qu’on n’a pas l’habitude d’entendre des sportifs belges s’exprimer de la sorte."
COE: "IMPRESSINNÉ PAR CE JEUNE BELGE"
Sebastian Coe a décroché l’or aux Jeux Olympiques de 1980 et 1984. Il est aujourd’hui président de l’IAAF. "Je n’ai malheureusement pas connu Ivo personnellement. Il avait deux ans de plus que moi et, aussi loin que je me souvienne, nous n’avons jamais couru l’un contre l’autre. Mais en 1976, lors des Jeux Olympiques de Montréal, j’étais scotché à l’écran de télévision et j’avais été impressionné par les deuxièmes places conquises par ce jeune Belge sur 800 et sur 1500 mètres."
"Dans mon pays, mon plus grand rival était Steve Ovett et Ivo l’avait largement battu. S’il avait survécu, il serait sans doute devenu un de mes plus grands concurrents. Peut-être plus encore que Steve Ovett. Cela aurait été un grand défi et aurait engendré des courses pleines de suspense. Hélas, nous n’avons pas eu droit à cela."
VERBEECK: "IVO ÉTAIT MON HÉROS"
Dans les années ’80, Bob Verbeeck fut l’un des meilleurs coureurs de demi-fond du pays. "Je ne me suis jamais totalement remis de la mort d’Ivo. Je venais d’avoir 16 ans, j’étais l’un des meilleurs jeunes Belges au 800 m. et au 1.500 m, ses distances… Ivo était mon héros. Pour ses performances et ses deux médailles olympiques, bien sûr, mais surtout pour sa formidable personnalité. Ivo réalisait ses rêves. Mieux encore: il annonçait leur réalisation. Ivo était unique et d’un seul coup, il n’était plus. Je n’étais pas le seul à déplorer son absence. Il était adulé par toute une génération de jeunes athlètes. Par une grande partie des inconditionnels de notre athlétisme national et des amateurs de sport en général. Nombreux sont ceux qui, aujourd’hui, à trente ou quarante ans, portent son prénom."
"Je n’ai donc pas hésité une seconde lorsque, en 2002, Wilfried me proposa d’intégrer le comité organisateur. Notre objectif commun est de préserver le caractère unique du Mémorial et de le renforcer chaque année davantage. Nous le devons à Ivo. J’y pense tous les jours en regardant sa photo -témoin muet dans le tiroir supérieur de mon bureau depuis 40 ans."
Ces témoignages sont issus du programme du 40e AG Insurance Memorial Van Damme et du DVD ’40 years Memorial Van Damme – A memorable story’.
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